Le mahjong est un jeu de tuiles chinois qui se joue à quatre, et non en solitaire comme le laisse croire sa version informatique la plus connue. Né en Chine au XIXe siècle, il combine la mécanique du rami — former des combinaisons en piochant et en défaussant — avec un matériel de cent quarante-quatre tuiles gravées. Voici les règles du mahjong traditionnel, les combinaisons à connaître, le déroulement d’une manche et les grandes variantes régionales.
- But : composer une main de quatre combinaisons et une paire, soit quatorze tuiles.
- À son tour, on pioche une tuile puis on en défausse une.
- Une défausse adverse peut être réclamée pour compléter un brelan, un carré ou une suite.
- Le premier joueur à compléter sa main annonce « Mahjong » et met fin à la manche.
Le matériel : cent quarante-quatre tuiles
Un jeu complet comporte 136 tuiles de jeu, auxquelles s’ajoutent huit tuiles bonus, soit 144 au total.
- Trois familles numérotées de 1 à 9, en quatre exemplaires chacune : les caractères, les bambous et les cercles. Cela représente 108 tuiles.
- Quatre vents — Est, Sud, Ouest et Nord — en quatre exemplaires : 16 tuiles.
- Trois dragons — rouge, vert et blanc — en quatre exemplaires : 12 tuiles.
- Huit tuiles bonus : quatre fleurs et quatre saisons. Elles ne font pas partie de la main et sont remplacées immédiatement dès qu’on les pioche.
Vents et dragons forment ce qu’on appelle les honneurs. Contrairement aux familles numérotées, ils n’entrent jamais dans une suite : ils ne servent qu’à composer des brelans, des carrés ou la paire.
Objectif du jeu
Chaque joueur cherche à composer une main complète de quatorze tuiles, structurée en quatre combinaisons de trois tuiles plus une paire. Le premier qui y parvient annonce « mahjong » et remporte la manche. Une partie complète se joue en plusieurs manches, le plus souvent quatre tours de table.
Les combinaisons
- La suite (chow) : trois tuiles consécutives d’une même famille, par exemple 4-5-6 de bambous. Les honneurs en sont exclus.
- Le brelan (pung) : trois tuiles identiques, y compris des vents ou des dragons.
- Le carré (kong) : quatre tuiles identiques. Un carré compte comme une seule combinaison, mais donne droit à une tuile de remplacement piochée en fin de mur.
- La paire : deux tuiles identiques. Une main complète en contient exactement une.
Mise en place
Les tuiles sont mélangées face cachée, puis chaque joueur construit devant lui un mur de deux étages. Les quatre murs forment un carré. La place de chacun est désignée par un vent : le joueur Est est le donneur et ouvre la manche.
Après un jet de dés qui détermine où percer le mur, on distribue treize tuiles à chaque joueur — quatorze pour le joueur Est, qui commence donc par défausser.
Déroulement d’un tour
- Le joueur pioche une tuile au mur.
- Il l’intègre éventuellement à sa main.
- Il défausse une tuile, face visible, au centre de la table en l’annonçant à voix haute.
- Le tour passe au joueur suivant, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Réclamer une défausse
C’est ce qui donne au mahjong tout son rythme : une tuile défaussée peut être réclamée par un adversaire pour compléter une combinaison, qu’il pose alors face visible devant lui.
- Un brelan ou un carré peut être réclamé par n’importe quel joueur.
- Une suite ne peut être réclamée que par le joueur situé immédiatement après celui qui a défaussé.
- Une réclamation pour terminer sa main l’emporte sur toutes les autres.
Quand une réclamation est acceptée, le tour reprend à partir du joueur qui a réclamé : ceux qui se trouvaient entre lui et le défausseur sautent leur tour. Attention, poser une combinaison face visible renseigne les adversaires sur votre jeu — et, dans la plupart des variantes, ferme l’accès à certaines combinaisons de score réservées aux mains restées cachées.
Fin de la manche et décompte
La manche s’arrête dès qu’un joueur complète sa main et annonce « mahjong ». Si le mur s’épuise avant, la manche est nulle et se rejoue.
Le décompte des points est la partie la plus variable du mahjong : chaque école possède son propre barème. Le principe commun est qu’une main vaut d’autant plus cher qu’elle est difficile à obtenir — une main entièrement cachée, composée d’une seule famille ou riche en honneurs rapporte nettement plus qu’une main ordinaire assemblée à coups de réclamations. Mettez-vous d’accord sur le barème avant de commencer.
Les grandes variantes
- Chinois classique : la forme historique, celle décrite ici, base commune de toutes les autres.
- Mahjong de Hong Kong : la variante la plus répandue dans le monde, au décompte simplifié.
- Riichi japonais : très codifié, avec annonce de main prête, tuiles dora et un système de points élaboré.
- MCR (Mahjong Competition Rules) : le standard des compétitions internationales, avec 81 combinaisons répertoriées.
- Mahjong américain : s’en éloigne beaucoup, avec des jokers et une carte de mains renouvelée chaque année.
Mahjong traditionnel et mahjong solitaire : deux jeux différents
Le jeu que la plupart des gens appellent « mahjong » sur ordinateur n’est pas celui décrit ici. Le mahjong solitaire se joue seul : on retire des paires de tuiles identiques d’un empilement jusqu’à vider le plateau. Il n’emprunte au mahjong que ses tuiles, pas sa mécanique. Si c’est cette version que vous cherchez, elle est jouable sur la page mahjong solitaire.
Questions fréquentes sur le mahjong
Combien de joueurs faut-il pour jouer au mahjong ?
Quatre. Des adaptations à trois joueurs existent — on retire alors une famille complète — mais la forme traditionnelle et toutes les variantes de compétition se jouent à quatre.
Combien de tuiles compte un jeu de mahjong ?
136 tuiles de jeu, plus huit tuiles bonus (quatre fleurs et quatre saisons), soit 144 au total. Certaines boîtes ajoutent des jokers, qui ne sont utilisés que dans quelques variantes.
Quelle est la différence entre le mahjong et le mahjong solitaire ?
Le mahjong traditionnel se joue à quatre : on pioche, on défausse et on assemble des combinaisons, comme au rami. Le mahjong solitaire se joue seul et consiste à retirer des paires de tuiles identiques d’un empilement. Les deux jeux partagent le matériel, rien de plus.
Les honneurs peuvent-ils former une suite ?
Non. Les vents et les dragons n’entrent jamais dans une suite : ils ne servent qu’à composer un brelan, un carré ou la paire. Une « suite » de vents Est-Sud-Ouest n’existe pas.
Qui peut réclamer une tuile défaussée ?
Tout le monde pour un brelan ou un carré ; uniquement le joueur suivant pour une suite. Une réclamation qui termine la main est prioritaire sur toutes les autres.
Pourquoi les règles de score varient-elles autant ?
Parce que le mahjong s’est diffusé sans autorité centrale : chaque région a développé son propre barème. C’est pourquoi il faut toujours convenir de la variante et du décompte avant la première manche.